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Les artistes

Colin LEGRAS - Fr-Paris/B-Bruxelles / Marc GODTS - B-Bruxelles

échanges manuels de terre [art/terre as politics] échanger des terres comme on échange des espions sur un pont en plein hiver, dans le silence et dans la crainte que l’opération ne rate.> travail in situ 17-18-19 sept.2004

D’un côté à l’autre du talus qui rejoint les champs, il y deux pays, et pourtant ce ne sont que quelques mètres à franchir. Ce qui est, ailleurs, marqué par des postes frontières, des barrières, des uniformes et des hommes en armes est ici réduit à un simple chemin de ferme, où rien ne signale l’appartenance de la terre à l’une ou l’autre nationalité. Une situation géographique transnationale tout à fait quotidienne et dénuée du no man’s land liée habituellement à ce genre de situation géographique. our symboliser le caractère frappant de cette situation, nous voulons procéder à un échange de terre de part et d’autre de ce bras mort de rivière inscrit comme la frontière nationale. De la même manière que ces frontières ont été tracées un beau jour à l’aide d’un crayon et d’une carte par une main humaine, nous voulons donc que cet échange soit manuel, à savoir à coups de pelles et en va-et-vient de brouettes. ue devient la terre belge déposée en France ? Reste-t-elle belge ? A quoi reconnaît-on la terre française mélangée à la terre belge ? Un monticule de terre belge déposé en France devient-il un îlot de nationalité belge ? Doit-on planter un drapeau dessus ? Tels les astronautes américains plantant leur drapeau sur la lune ? Pour parfaire cette illusion d’une "appartenance" nationale de la terre, nous avons imaginé de relier ces bouts de pays transplantés à leur pays d’origine par des liens franchissant la frontière. Ainsi, chaque carré de terre française échangé contre de la terre belge, elle-même déposée en France, est plantée d’un piquet d’où part un lien le reliant à son carré de terre originel, et inversément. La totalité des liens formant un tissu de fibres tendues au-dessus de la frontière liquide et rattachant le pays à ses transplantations expatriées. omme les frontières nationales sont le fait des hommes et de leur histoire, il nous a semblé évident que ce travail devrait donc avoir lieu "en direct " une manière de montrer ce que l’on ne voit pas habituellement, ce qui se fait " au fil du temps " et de l’histoire. L’acte même de mélange des terres étant à part entière signifiant du travail de la pièce : ce sont bel et bien les hommes qui ont créé les frontières. En transplantant les terres et en signifiant les liens de ces transplantations, nous défaisons un peu ces frontières. l va sans dire, qu’étant l’un belge, l’autre français, nous participons en tant que tel à cette mise en image.

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Année de participation : 2004